Masculinisme, cybersexisme, sexisme hostile : ce que le rapport 2026 du gouvernement révèle

 

Le Haut Conseil à l’Égalité a publié son rapport annuel sur le sexisme en France. L’édition 2026 est inédite : c’est la première fois qu’une institution publique française consacre une analyse spécifique au masculinisme. Les données sont sans appel.

Un rapport qui fait date

Publié le 21 janvier 2026, le rapport annuel du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) est fondé sur le baromètre Toluna Harris Interactive 2025, mené auprès de 3 061 personnes de 15 ans et plus, représentatives de la population française. Il distingue deux formes de sexisme :

Le sexisme paternaliste : faussement bienveillant, il légitime une répartition hiérarchisée des rôles entre hommes et femmes, sans hostilité apparente.

Le sexisme hostile : explicitement violent, il se traduit par une hostilité directe envers les femmes, des attitudes dévalorisantes, voire des comportements agressifs.

Les chiffres à connaître pour former efficacement

Ces données chiffrées permettent de mesurer l’ampleur réelle du problème et de contextualiser les situations que vos managers et référents VSS rencontrent sur le terrain :

10 millions  de personnes en France adhèrent au sexisme hostile, soit 17 % des personnes de 15 ans et plus.

7,5 millions d’hommes  et 5 millions de femmes véhiculent le sexisme paternaliste : les hommes sont majoritaires, mais les femmes transmettent elles aussi ces normes.

84 %  des victimes de cybersexisme sont des femmes. Le cybersexisme est désormais la première forme de discours de haine en ligne.

Les jeunes  présentent le plus fort écart de perception entre hommes et femmes sur le sexisme comme problème social, un signal fort pour les formations destinées aux équipes jeunes.

Le masculinisme : un fait nouveau 

L’apport majeur de ce rapport 2026 est l’analyse inédite du masculinisme comme système idéologique structuré. Il ne s’agit plus de comportements sexistes isolés, mais d’une idéologie organisée qui imprègne les jeunes générations par un bombardement massif de contenus numériques (réseaux sociaux, forums, chaînes YouTube, podcasts).

Le HCE est la première institution publique française à consacrer une analyse dédiée à ce phénomène dans son rapport annuel, en le qualifiant de :

« menace d’ordre public et enjeu de sécurité nationale »

Dans ses formes les plus extrêmes, les discours masculinistes légitiment le passage à l’acte, banalisent les violences et vont jusqu’à l’apologie du viol et du meurtre. Ce constat redéfinit le périmètre de ce qu’un référent VSS doit savoir identifier, y compris dans les échanges numériques au sein des équipes.

Ce que le HCE recommande

Parmi les 25 recommandations du rapport, plusieurs concernent directement la formation :

  • Rendre les séances d’EVARS (Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle) obligatoires et leur donner un cadre et des moyens concrets.
  • Confier au HCE la mission d’Observatoire national du masculinisme et des radicalisations sexistes.
  • Renforcer les contrôles sur les contenus en ligne et créer une catégorie autonome « masculinisme » dans les outils de signalement pour mieux suivre le phénomène.
  • Intégrer le « terrorisme misogyne » dans les doctrines de sécurité nationale.
 
Source : Rapport sexisme 2026 – Haut Conseil à l’Egalité entre les Hommes et les Femmes

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